Cet article s'appuie sur un travail de recherche mené par Auxilia et Circulab pour le compte de l'ADEME et de l'AFD, combinant revue documentaire et entretiens avec des entreprises, des expertes et des institutions locales ou internationales. Cinq grandes zones géographiques ont été étudiées : la Méditerranée (Maghreb et Machrek), l'Afrique subsaharienne, l'Inde, le Vietnam et l'Amérique latine.

L'économie circulaire progresse dans les discours, les politiques publiques et les stratégies d'entreprise partout dans le monde. Ce succès s'accompagne d'une diversité de définitions et d'approches, riche mais parfois déroutante pour qui souhaite s'en saisir. Se former à l'économie circulaire commence justement par comprendre cette pluralité, pour mieux choisir les cadres de référence adaptés à son contexte et à ses objectifs.

Ce que vous devez retenir :

  • Il existe plus de 200 définitions de l'économie circulaire, reflétant la richesse et la diversité des approches à travers le monde.
  • Cinq références structurent particulièrement les cadres réglementaires internationaux : l'ADEME, la fondation Ellen MacArthur, les 11 R, l'ODD 12 et Circle Economy.
  • Cette diversité nécessite de choisir un cadre adapté à son contexte pour construire une vision complète de l'économie circulaire.

Un concept riche de multiples approches

Le chercheur Julian Kirchherr et ses co-auteurs ont recensé 221 définitions distinctes de l'économie circulaire1. Cette diversité illustre la richesse du concept : selon les organisations, l'accent est mis sur l'offre des acteurs économiques, sur la demande et les comportements des consommateurs, ou sur la gestion des déchets en aval. Les contextes locaux, les habitudes de consommation et les modèles économiques propres à chaque pays viennent enrichir encore cette palette d'interprétations.

Plusieurs références reviennent toutefois régulièrement dans les discours des acteurs internationaux et structurent une grande partie des cadres réglementaires et des initiatives existantes. En voici cinq, particulièrement structurantes pour toute personne qui souhaite monter en compétence sur le sujet.

La définition de l'ADEME : 3 domaines et 7 piliers

En France, la définition de référence est celle de l'ADEME. Elle décrit l'économie circulaire comme un système d'échange et de production qui, à chaque phase du cycle de vie des produits, vise à maximiser l'efficacité de l'utilisation des ressources et à minimiser l'impact environnemental, tout en améliorant le bien-être individuel2.

Ce modèle s'organise autour de trois grands domaines d'action :

Schéma de l'ADEME : les 3 domaines de l'économie circulaire (offre des acteurs économiques, demande et comportement des consommateurs, gestion des déchets) et ses 7 piliers
Les 3 domaines et 7 piliers de l'économie circulaire selon l'ADEME.

Cette approche, largement enseignée en France dans les parcours de formation à l'économie circulaire, gagne à être mise en perspective avec d'autres définitions internationales pour bâtir une vision complète du sujet.

Le « butterfly diagram » de la fondation Ellen MacArthur

À l'international, la référence la plus citée reste le « butterfly diagram » de la fondation Ellen MacArthur. Selon cette dernière, l'économie circulaire est un système économique qui répond au changement climatique et à d'autres défis mondiaux, tels que la perte de biodiversité et la pollution, en dissociant l'activité économique de la consommation de ressources finies3.

La fondation distingue deux types de flux, techniques et biologiques, et met l'accent sur trois principes moteurs :

Schéma de l'économie circulaire en forme de papillon : boucles des nutriments biologiques à gauche et des nutriments techniques à droite
Schéma de l'économie circulaire, adapté de la fondation Ellen MacArthur par l'Institut de l'économie circulaire et la chaire « business as unusual » de Kedge Business School.

Les 11 R : une grille de lecture pour prioriser l'action

Les « 3R » (Réduire, Réutiliser, Recycler) sont largement connus et repris dans de nombreux cadres réglementaires, notamment au Japon dès 2005 et en France dans la loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire. Une synthèse des travaux de J. Potting, J. Kirchherr, N. Bocken et M. Valencia4 propose d'aller plus loin avec une grille en 11 R, particulièrement utile en formation pour hiérarchiser les leviers d'action :

Échelle des 11 R de l'économie circulaire, de régénérer à récupérer, classés selon leur impact sur l'environnement
L'échelle des 11 R, du plus au moins prioritaire.

L'ODD 12 des Nations Unies

Le douzième Objectif de Développement Durable des Nations Unies5, consacré à la consommation et à la production durables, constitue une autre référence largement mobilisée par les acteurs de la coopération internationale. Il vise à assurer une gestion durable et une utilisation rationnelle des ressources naturelles, et à réduire la production et la consommation de produits chimiques, de déchets ou de gaspillage tout au long de la chaîne de valeur. Cette approche met l'accent sur les approvisionnements et la gestion des déchets, avec une attention particulière portée à la réduction de l'empreinte environnementale à ces deux niveaux.

Circle Economy : limites planétaires et planchers sociaux

L'organisation néerlandaise Circle Economy, à l'origine du Circularity Gap Report publié chaque année, propose une définition qui articule enjeux environnementaux et sociaux. Pour elle, l'économie circulaire est un système économique dans lequel les déchets sont éliminés, où tout est utilisé à sa valeur maximale le plus longtemps possible, et où les systèmes naturels sont régénérés. Cette approche a la particularité d'intégrer des considérations sociales, les « planchers sociaux », en complément des limites planétaires, avec une conviction forte : un déploiement efficace de ces stratégies permettrait, à terme, de répondre à des besoins sociétaux comparables avec moins de matériaux6.

En bref

Comprendre ces définitions constitue une première étape essentielle pour toute organisation qui souhaite structurer sa stratégie d'économie circulaire. La Circulab Academy propose des formations pour accompagner cette montée en compétence, des fondamentaux de l'économie circulaire jusqu'à leur application opérationnelle.

Sources :