Cet article s'appuie sur un travail de recherche mené par Auxilia et Circulab pour le compte de l'ADEME et de l'AFD, combinant revue documentaire et entretiens avec des entreprises, des expertes et des institutions locales ou internationales. Cinq grandes zones géographiques ont été étudiées : la Méditerranée (Maghreb et Machrek), l'Afrique subsaharienne, l'Inde, le Vietnam et l'Amérique latine.
Comprendre les définitions de l'économie circulaire est une première étape. Identifier qui agit, à quel niveau et avec quels moyens en est une seconde, tout aussi utile pour construire une stratégie efficace ou choisir les bons partenaires de coopération.
Un nombre croissant d'organisations se mobilise aujourd'hui autour de l'économie circulaire à l'échelle internationale, avec des rôles complémentaires qui, ensemble, dessinent un écosystème en pleine structuration.
Ce que vous devez retenir :
- Quatre rôles complémentaires structurent l'action internationale : définir le cadre, financer, apporter l'expertise et ancrer localement.
- L'Union européenne joue un rôle moteur, à la fois par ses investissements et par son cadre réglementaire, qui inspire de nombreux pays partenaires.
- Les initiatives se déploient autour de trois axes : le cadre légal, les connaissances et savoirs, et les projets d'infrastructure.
Quatre rôles complémentaires pour structurer l'action
Notre analyse des acteurs de la coopération internationale fait apparaître quatre grandes fonctions, assurées par des typologies d'organisations différentes :
- Définir le cadre conceptuel et les objectifs. Les agences onusiennes, en particulier le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) et l'Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), portent des initiatives qui mobilisent largement autour d'objectifs et de secteurs précis.
- Apporter les moyens humains, techniques et financiers. Les agences et banques de développement, à l'image de la Banque Européenne d'Investissement (BEI), de la Banque Africaine de Développement (BAD), de la coopération allemande (GIZ) ou de l'Agence Française de Développement (AFD), déploient des projets dans plusieurs pays à la fois.
- Fournir une expertise et des outils adaptés. Les think tanks et cabinets spécialisés, comme la fondation Ellen MacArthur, Circle Economy ou Chatham House, produisent une grande partie des ressources de référence sur le sujet. En Inde, cette expertise est portée localement par des instituts de recherche comme TERI.
- Assurer l'ancrage local et l'adaptation des démarches. Des réseaux régionaux, comme l'African Circular Economy Alliance (ACEA), la Coalition pour l'économie circulaire en Amérique latine et dans les Caraïbes (CELAC), ou l'African Circular Economy Network, adaptent les grandes orientations aux réalités du terrain.
L'Union européenne, un moteur d'investissement de premier plan
Dans cet écosystème international, l'Union européenne occupe une place de premier plan, à travers des investissements humains et financiers significatifs. Entre 2018 et 2022, la Banque Européenne d'Investissement a investi 3,4 milliards de dollars sur l'économie circulaire et co-financé 118 projets1. Le cadre législatif européen, notamment en matière d'éco-conception et de réemploi, sert désormais de référence pour de nombreux pays partenaires : le premier plan d'action européen pour l'économie circulaire (2015) articulait déjà 54 actions, avant qu'un second plan (2020) ne fixe l'objectif de doubler la part de matériaux recyclés réinjectés dans l'économie européenne d'ici 20302.

À l'échelle nationale : ministères et acteurs de terrain
Au niveau national, les parties prenantes de la coopération internationale se connectent principalement à deux familles d'acteurs. Les ministères de l'environnement sont les plus engagés, abordant le sujet sous l'angle de l'empreinte environnementale et de la gestion des déchets. Les ministères de l'industrie et de l'économie interviennent également, notamment pour la rédaction de feuilles de route régionales, en fonction des spécificités économiques locales.
Sur le terrain, les entrepreneurs engagés innovent à travers de nouveaux procédés et matériaux, tandis que la société civile sensibilise et promeut de nouveaux modes de consommation comme la réparation ou la réutilisation. Les entreprises traditionnelles, quant à elles, développent progressivement des partenariats à l'international, une dynamique amenée à se renforcer avec la montée en compétence des équipes sur ces sujets.
Cinq acteurs qui incarnent cette dynamique
Parmi la diversité des organisations actives sur le sujet, cinq structures illustrent bien ces différents niveaux d'intervention :
- Le PNUE, à travers la Global Alliance on Circular Economy and Resource Efficiency (GACERE), une alliance co-initiée avec l'Union européenne qui réunit les représentants de 14 pays d'Amérique latine, d'Afrique subsaharienne et du Maghreb.
- Expertise France, filiale de l'AFD, qui soutient la transition vers une économie circulaire et inclusive dans les pays partenaires, notamment via le projet « Rethinking plastics » en Asie de l'Est et du Sud-Est.
- Chatham House, institut de recherche basé à Londres, qui coordonne par exemple le programme « Switch to circular economy value chain », financé par l'Union européenne, pour accompagner la transformation des chaînes de valeur du textile, des plastiques et de l'électronique.

- TERI (The Energy and Resources Institute), think tank indien qui a participé à l'élaboration du référentiel de Responsabilité Élargie du Producteur sur les déchets électriques et électroniques en Inde, en intégrant le secteur informel de la collecte.
- L'African Circular Economy Network, réseau africain indépendant structuré autour de quatre leviers : la recherche, la formation, l'accompagnement d'entrepreneurs et le développement de projets en partenariat.
Des initiatives qui couvrent trois axes complémentaires
Les initiatives bilatérales et multilatérales identifiées se concentrent autour de trois grands axes :
- Le cadre légal et politique : études, coalitions et alliances pour faire évoluer les réglementations et les politiques publiques.
- Les connaissances et savoirs : plateformes d'échange, programmes de formation et de sensibilisation, pôles d'expertise et de recherche.
- Les projets et infrastructures : programmes d'accélération, partenariats technologiques, création de boucles de valorisation.
Cinq initiatives illustrent bien cette diversité d'approches :
- 3RproMar, projet régional co-organisé par la GIZ et le Secrétariat de l'ASEAN pour lutter contre les déchets plastiques en Asie du Sud-Est.

- La Coalition pour l'économie circulaire en Amérique latine et dans les Caraïbes, coordonnée par le PNUE.
- L'ACEF (Facilité africaine pour l'économie circulaire), fonds fiduciaire multi-donateurs porté par la Banque Africaine de Développement.
- La Resource Efficiency Initiative (EU-REI), partenariat entre l'Union européenne et le gouvernement indien.
- Les programmes SWITCH de l'Union européenne, déclinés en Méditerranée, en Asie et en Afrique.
En bref
Ce paysage d'acteurs, riche et en constante évolution, offre de nombreuses opportunités de collaboration pour les organisations qui souhaitent s'engager à l'international. Se former à ces réseaux et à leurs modes de fonctionnement permet de mieux identifier les bons partenaires et d'accélérer le passage à l'action. La Circulab Academy accompagne cette montée en compétence à travers ses formations dédiées à l'économie circulaire et à ses acteurs.
Sources :
- Chiffres cités par la Banque Européenne d'Investissement
- Commission européenne, Circular Economy Action Plan, 2015 et 2020

